SOS - J-P BRUNET EN RUSSIE 2
Le 11 mai 00

Environnement
Bons baisers de Russie

Président de Sauvons notre Seine, Jean-Pierre Brunet se rendra en Sibérie pour expliquer le rôle que peuvent jouer les citoyens dans la conservation de leur environnement.

Daniel BAHUAUD

Je n'aurais jamais cru que le travail que j'ai fait pour Sauvons notre Seine - Save Our Seine (SOS) me mènerait un jour en Russie ", lance le président de SOS, Jean-Pierre Brunet. Du 18 au 29 mai, le Franco-Manitobain sera en effet à Irkoutsk, capitale de la Sibérie de l'Est, pour souligner le rôle que peut jouer le grand public dans la conservation de l'environnement.

Organisé par le conseil canadien des ministres de l'Environnement avec l'appui de l'Association canadienne du développement international (ACDI), le voyage fait partie d'une série de mesures entreprises par le Canada depuis deux ans pour aider la Russie à mieux gérer son environnement.

Lors de son séjour à Irkoutsk, Jean-Pierre Brunet fera une mise au point sur la Kaya, une petite rivière traversant la ville. La Kaya ressemble énormément à la Seine, alors ce sera facile de donner l'exemple, souligne-t-il. On se promènera même le long de ses berges pour faire du nettoyage.

Depuis 1998, une série d'experts sur la pollution, la gestion des déchets et la conservation des espaces verts a convergé vers la Russie pour partager leurs connaissances en matière de gestion de l'environnement. À Moscou, l'ACDI a apporté des conseils sur le recyclage, en Sibérie de l'Est, les Canadiens aident les Russes à mieux gérer le bassin hydrographique de l'Angara. Mais, comme le souligne Jean-Pierre Brunet, qui s'est même rendu à Toronto pour suivre une formation sur la culture russe, le message que veut faire passer le Canada ne se limite pas à l'environnement.

Au fond, le grand but du projet est de démontrer comment fonctionne la démocratie, mentionne-t-il. En novembre dernier, SOS a accueilli une délégation de six Russes qui ont pu constater l'ampleur du travail réalisé par notre organisme. Cette initiative organisée par des citoyens déterminés les a impressionnés. J'ai donc été invité à me rendre en Russie.

Je crois qu'il est important de partager notre expérience démocratique avec les Russes, poursuit-il. En ce moment, c'est le chaos là-bas. Depuis dix ans, la productivité de la Fédération russe a diminué de 50 %. C'est une crise économique dont l'ampleur dépasse celle de la Grande dépression des années 30. C'est une situation inquiétante, puisque la crise fait croître l'instabilité politique. Or, les Russes ont beaucoup de chemin à faire avant de devenir des démocrates convaincus. L'expérience de SOS servira de preuve que les changements peuvent venir de la base.

X2 ou X3
Jean-Pierre Brunet : Sous le régime communiste, les Russes ne se préoccupaient pas de l'environnement. Aujourd'hui, ils doivent beaucoup apprendre et ont beaucoup à réparer.
Photo : archives La Liberté




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