SOS - BOIS DES ESPRITS
Le 2 mai 02

Environnement
Les résidants s'expriment

Le nombre de résidants qui se sont rendus à la réunion extraordinaire convoquée le 24 avril par Sauvons notre Seine a dépassé toutes les attentes.

Daniel BAHUAUD

Plus de 550 personnes ont assisté, le 24 avril, à la réunion extraordinaire convoquée par Sauvons notre Seine - Save Our Seine (SOS). Tenue à Saint-Vital, elle avait pour objectif de protéger un terrain de 80 acres qui longe la rivière Seine dans le sud de Winnipeg, menacé par le développement immobilier. L'organisme préconise la création d'un parc municipal qu'il propose de nommer le parc Bois-des-Esprits.

Au dire des responsables, l'événement était un grand succès, dans la mesure où il aura permis aux résidants de Saint-Vital et de Saint-Boniface d'exprimer très clairement leur mécontentement vis-à-vis la situation. On se rappellera en effet que le 1er avril, des bulldozers de l'entreprise immobilière Ladco ont rasé un passage d'une dizaine de mètres de largeur dans le but de préparer l'éventuelle construction d'un pont reliant le quartier Royal Wood et l'avenue Southglen. Or, bien que Ladco, ainsi que la Province du Manitoba, soient co-propriétaires du terrain boisé, elles ne le sont pas pour autant de la lisière qui longe la rivière. Ce terrain appartient à la Ville de Winnipeg qui, bien qu'elle songe construire un pont à cet endroit, n'a pas donné son aval au projet.

Un geste illégal

Ladco s'est aventuré sur la propriété de la Ville illégalement, pour la contraindre d'abonder en son sens, a lancé un résidant de Saint-Boniface, Georges Beaudry. Si j'agissais comme ça, je me ferais poursuivre!

À cela, le conseiller municipal de Saint-Boniface et président du comité du Développement des propriétés de la Ville de Winnipeg, Daniel Vandal, a souligné qu'en effet, le développeur avait été accusé d'avoir enfreint la loi. " Ladco n'avait pas de permis et risque de payer une amende de 5 000 $ pour chaque membre de son conseil d'administration ", a-t-il remarqué.

Ce n'est pas juste moi qui suis contre ce rasage, souligne à son tour le vice-président de SOS, Marcel Ritchot. La quasi-totalité des gens présents, y compris des résidants de Royal Wood, ne veut pas que l'entreprise Ladco et la Province détruisent la forêt.

Cette opinion se reflète dans les 864 signatures apposées à une pétition demandant qu'on ne fasse pas construire un pont reliant Royal Wood et l'avenue Southglen, mais plutôt qu'il soit construit plus au sud, au niveau de l'avenue Warde. " Ce serait une option plus positive, mentionne Daniel Vandal. Le pont Warde pourrait accueillir quatre voies de circulation tout en donnant une autre entrée à Royal Wood, l'avenue pourrait se rendre jusqu'au boulevard Lagimodière. Mais il faudra convaincre le conseil exécutif de la Ville d'en faire une priorité puisque pour l'instant, la construction du pont Warde n'est prévue qu'en 2020.

Le parc Bois-des-Esprits

Outre la protection du terrain boisé et la construction d'un pont plus au sud, SOS préconise la création d'un parc municipal, qui serait nommé le parc Bois-des-Esprits. Lors de la réunion, l'architecte paysagiste de la firme Gaboury, Préfontaine et Perry, Constantina Douvris, a présenté sa vision de ce que pourrait devenir le terrain.

Le nom Bois-des-Esprits souligne le fait que le terrain est non seulement un écosystème digne d'être protégé, mais un endroit riche en histoire, affirme-t-elle. Il appartenait autrefois à la famille Riel. Son moulin était situé sur ce terrain qui a vu naître Louis Riel, le père du Manitoba.

Afin de ne pas déséquilibrer l'environnement, l'architecte propose la création de sentiers piétonniers qui relieraient les points d'intérêts touristique et écologique du bois. Elle souligne l'attrait d'un centre pour visiteurs où le public pourrait se procurer des canots. Le terrain a tellement de potentiel, souligne Constantina Douvris. Il faut que la Ville l'acquière.

Mais pour y arriver, il faudra dialoguer avec la Province qui est co-propriétaire à 38% du terrain, souligne Daniel Vandal. Si nous réussissons, nous pourrons créer un parc unique qui, à sa façon, rivaliserait avec le parc Saint-Vital. Il faut se rappeler cependant que nous cherchons une solution qui réponde aux besoins de tous. Il faudra tenir compte des résidants, des environnementalistes et des développeurs.

Quant à SOS, l'organisme cherche à favoriser l'acquisition du terrain de 80 acres. Pour y arriver, des membres de l'exécutif de SOS ont rendu visite, le 29 avril, au caucus néodémocrate pour discuter davantage de la question. " La rencontre a été positive, mentionne Marcel Ritchot. Nous rencontrerons bientôt le ministre de la Culture, du Patrimoine et du Tourisme, Ron Lemieux. Alors on peut espérer que la discussion continuera. Cependant il faut être patient.

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Des résidants de Saint-Vital signent une pétition demandant à la Ville de Winnipeg de ne pas construire deux nouveaux ponts dans le quartier.
photo : Daniel Bahuaud

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Georges Beaudry : " Si j'agissais comme Ladco, je me ferais poursuivre! "
photo : Daniel Bahuaud

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Marcel Ritchot : " La discussion continuera. Cependant il faut être patient.
photo : Daniel Bahuaud




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